Nouvelles Editions Oswald - Solomon Kane

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Titre Original : nouvelles

Collection : Fantastique - SF - Aventure n° 26
Date de Parution : Janvier 1981
Traducteur : François Truchaud
Nombre de pages : 216
Couverture : Jean-Michel Nicollet


Sommaire du livre :



- La Marque de Caïn, Introduction de François TRUCHAUD
- Des crânes dans les étoiles (Skulls in the Stars), traduit par François TRUCHAUD
- La Main droite du destin (The Right Hand of Doom), traduit par François TRUCHAUD
- Ombres rouges (Red Shadows), traduit par François TRUCHAUD
- Bruit d'ossements (Rattle of Bones), traduit par François TRUCHAUD
- Ramsey CAMPBELL & Robert E. HOWARD, Le Château du diable (The Castle of the Devil), traduit par François TRUCHAUD
- La Lune des crânes (The Moon of Skulls), traduit par François TRUCHAUD
- La Tache sombre (The One Black Stain), Poésie, traduit par François TRUCHAUD
- Les Épées de la fraternité (Blades of the Brotherhood), traduit par François TRUCHAUD
- Bibliographie


Préface du livre :

La Marque de Caïn

« Je suis une force qui va. »
Victor Hugo

Après Conan et Kull le roi barbare, voici Solomon Kane, l’un des tout premiers personnages créés par Robert E. Howard. En effet, Robert E. Howard donna d’abord la vie à Francis Xavier Gordon, El Borak (il avait dix ans lorsque lui vint l’idée de ce personnage !) puis à Bran Mak Morn, le roi pict. Ensuite, selon ses propres termes : « J’eus l’idée de Solomon Kane alors que j’étais au collège. J’avais alors seize ans, mais plusieurs années s’écoulèrent avant que je couche ce personnage sur le papier. Il était probablement le résultat de mon admiration pour un certain type de duelliste froid, aux nerfs d’acier, comme il en exista au XVIe siècle. » La première histoire de Solomon Kane fut publiée dans le prestigieux « Weird Tales » (le nom d’Howard y paraissait depuis juillet 1925) fut « Ombres rouge ». Ajoutons pour la petite histoire que ce numéro d’août 1928 (Howard avait alors vingt-deux ans) contenait également la première nouvelle d’un certain Thomas Lanier Williams qui, par la suite, serait plus connu sous le nom de Tennessee Williams. Etonnant personnage en vérité que Solomon Kane, puritain élizabéthain conduit par le destin, instrument de la colère et de la vengeance de Dieu ! Mais qui est-il vraiment ? Un aventurier solitaire, un fou mystique, un chevalier errant, un puritain fanatique ? Son nom est déjà tout un programme ! Solomon pour Salomon, le roi d’Israël, connu pour sa grande sagesse autant que pour les batailles qui l’opposèrent aux démons. Kane pour Caïn, le premier tueur sur la Terre, la malédiction qui pèse sur les meurtriers, le legs de Caïn !
Ainsi Kane possède sa propre contradiction en lui-même. Bras vengeur de Dieu, certes, défenseur de la veuve et de l’orphelin, protecteur des opprimés, mais beaucoup plus que cela ! Par son acharnement même, sa quête inexorable, sa fébrilité et sa mission impitoyable, il ressemble beaucoup plus au Juif Errant. Est-il maudit, en raison de quelque action inconnue de nous, commise dans le passé ? Pour se racheter, doit-il errer à jamais sur la Terre, traquant le Mal aux quatre coins du monde ? En effet, le repos semble lui être refusé ; il n’aura de cesse avant que le Mal ait disparu de la Terre. Une quête éternelle en vérité... « Je suis une force qui va »... personnage mystérieux entre tous, de vastes pans d’ombre subsistent, Solomon Kane garde son mystère. Poussé par une force inconnue, par une soif inextinguible, il rejoint la cohorte de ces personnages romantiques et solitaires, de ces aventuriers, grands bretteurs devant l’Eternel, comme les affectionne Howard.
Solomon Kane, par bien des côtés, annonce Kull le roi barbare : ils ont en commun la même mélancolie, le même aspect sombre. Conan en paraît d’autant différent, personnage paillard, plus proche de la vie, du vin et des femmes ! Mais Kane est peut-être la plus belle création de Robert E. Howard... à la limite, il lui échappe et vit sa vie propre !
Ses aventures le conduisent en Europe, ravagée par les guerres civiles et religieuses, où se déchaîne l’intolérance, symbolisée par l’Inquisition et ses sinistres geôles. On songe au film de James Clavell : « La Vallée perdue », splendide film baroque, hanté par la peste et la mort, magnifique ode funèbre sur « l’âge des ténèbres » et la vanité de l’action des hommes. Mais Kane se rend également en Afrique, dans la jungle mystérieuse aux sortilèges séculaires. Et là il se trouve en accord avec cette nature sauvage. Il est déjà venu ici, il a déjà vécu ces aventures. C’est déjà le thème des vies antérieures, souvent utilisé par Howard.
Les adversaires de Solomon sont des hommes habités par le Mal, mais aussi des sorciers, des démons, car Satan a bien des visages. De fait, dans plusieurs nouvelles, il est beaucoup plus le témoin de faits surnaturels. Tout se passe comme si, par sa seule présence, le monde devenait fantastique. Solomon suscite le Fantastique ; il arrive et tout commence ! Roi de la nuit, un feu intérieur le brûle et le consume. Il accouche de ses phantasmes et le monde s’ordonne autour de lui, en un vaste pandémonium de cauchemars et d’apparitions plus maléfiques les unes que les autres. Et sa quête continue, « lassatus sed non satiatus », la soif d’absolu, toujours !
Une annotation en bas de page : « Les épées de la fraternit », étonnante histoire de pirates, n’est pas sans annoncer « Les Contrebandiers de Moonflee », le superbe film de Fritz Lang, où jouait George Sanders, qui aurait été un magnifique adversaire pour Solomon Kane ! Le climat est le même, le but est différent.
Autre correspondance : Kane, avec son chapeau à larges bords, rabattu sur le front, ses vêtements noirs et ses yeux aussi brûlants que la glace, est le frère jumeau d’un autre grand justicier : Le Shadow ! Cela n’a rien d’étonnant, puisque le Shadow vit également le jour à la fin des années 20, et ses adversaires sont tout aussi redoutables. Les sociologues tireront leurs propres conclusions. Par Mike Kaluta interposé, nous arrivons au domaine des « comics » et renvoyons le lecteur aux Nos 8 et 9 de « L’Echo des Savanes Spécial USA » consacrés à Howard, où se trouve notamment l’histoire « Des crânes dans les étoiles », excellemment adaptée par Roy Thomas et dessinée avec brio par Ralph Reese. Solomon Kane, comme Conan et Kull, héros de bandes dessinées, est en passe de devenir un être de chair et de sang... en effet, Kane (comme Conan) sera bientôt sur vos écrans ! Attendons le résultat. Voici six ou sept nouvelles, imprégnées de fantastique, de magie noire, de vengeance, de violence et de sang. Deux volumes rassembleront toutes les aventures (entièrement et scandaleusement inédites en France jusqu’à ce jour) de ce personnage solitaire, marqué par le destin, comme toujours chez Howard, poussé par une force étrange. « Je suis une force qui va »... Kane renonce à se mettre en question, à s’interroger sur lui-même ; il agit et cela lui suffit. L’action avant tout, le mystère, la fascination, la marque de Caïn, tel « Bloodstar » prodigieusement dessiné par Richard Corben. La boucle est bouclée, l’aventure peut commencer.
Une dernière précision : Robert E. Howard n’écrivit que les premières pages de la nouvelle « Le château du diable ». Le texte, laissé inachevé, fut repris et terminé par J. Ramsey Campbell, également auteur de la préface de l’édition américaine en poche de « Solomon Kane », en 78 et 79, chez Bantam Books.
Solomon Kane trouvera-t-il un jour sa vérité ? On peut en douter. Mais il aura suffi à Howard d’écrire une douzaine de nouvelles, plus quelques poèmes et deux ou trois histoires inachevées, pour que vive l’un de ses plus beaux personnages et l’une de ses plus belles créations. Cela n’est pas rien. Pourquoi l’abandonna-t-il un beau jour, au début des années 30 ? Mystère. Peut-être considérait-il avoir tout écrit à son sujet... ou plutôt en avoir suffisamment écrit pour que Solomon Kane vive d’une manière autonome, indépendamment de son créateur. Processus logique en Fantastique, rarement abouti. Mais déjà Howard se penchait sur d’autres personnages qui avaient pour noms Kull et Conan. Il ne lui restait plus que six ans à vivre. L’urgence, le destin, toujours. Ecrire jusqu’à plus soif. Ensuite le grand saut et l’immortalité. Mais ceci est une autre histoire...

François Truchaud
Ville-d’Avray
16 février 1981


Dos du livre :

Après Conan et Kull le roi barbare, voici Solomon Kane, une autre grande créature du magnifique Robert E. Howard : étonnant personnage, puritain élisabéthain conduit parle destin, instrument de la colère et de la vengeance de Dieu !
Il traque impitoyablement le Mal aux quatre coins du monde. En Europe, ravagée par les guerres civiles et religieuses (nous sommes au XVI' siècle) où se déchaîne l'intolérance, symbolisée par les sinistres geôles de l'Inquisition... mais aussi en Afrique, dans la jungle mystérieuse aux sortilèges séculaires !
Les adversaires de Solomon Kane sont des hommes habités par le Mal, mais aussi des sorciers, des démons, car Satan a bien des visages.
Sept nouvelles imprégnées de fantastique, de magie noire, de vengeancel de violence et de sang ! « Des crânes dans les étoiles » est généralement considérée comme une des meilleures nouvelles jamais écrites par Howard.
Deux volumes rassembleront toutes les aventures (entièrement inédites en France) de Solomon Kane, grand bretteur devant l'Eternel, l'une des créations les plus sombres de Howard. Aventurier solitaire, fou mystique, chevalier errant, puritain fanatique... qui est-il vraiment ?

Robert E. Howard est né en 1906 à Peaster (Texas, USA). Il s'est suicidé en 1936. Quinze ans de création littéraire lui ont suffi pour devenir l'un des maîtres du fantastique et de l'héroïc fantasy. Howard était connu jusqu'à présent en France pour son cycle Conan (Lattès/Titres SF) et le recueil L'homme noir (Masque Fantastique). Les Nouvelles éditions Oswald ont permis de faire connaître aux lecteurs de langue française une grande partie de son oeuvre restée (scandaleusement) inédite : Le pacte noir (que la collection de poche Marabout vient de rééditer en deux volumes sous le titre Le pacte noir et Fureur noire), Kull le roi barbare ont ainsi vu le jour respectivement en 1979 et 1980 et, aujourd'hui, Solomon Kane (qui sera suivi de Le retour de Kane en attendant Bran Mak Morn et d'autres héros tout aussi fulgurants. Aux USA les « comics » ont rendu Kane aussi populaire que Conan et Kull et le cinéma vient de s'emparer des personnages de Howard : bientôt Kane et Conan sur vos écrans !



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