Nouvelles Editions Oswald - Sonya la Rouge

Nouvelles Editions Oswald - Sonya la Rouge

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Fleuve Noir - Sonya la rouge


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Titre Original : The Sowers of the Thunder

Collection : Fantastique - SF - Aventure n° 144
Date de Parution : Juillet 1985
Traducteur : François Truchaud
Nombre de pages : 188
Couverture : Jean-Michel Nicollet


Sommaire du livre :



- Rouges sont les rêves du temps…, Préface de François TRUCHAUD
- Sonya la Rouge (The Shadow of the Vulture), traduit par François TRUCHAUD
- Le Lion de Tibériade (The Lion of Tiberias), traduit par François TRUCHAUD
- Les Cavaliers de l'Armaguedon (Sowers of the thunder), traduit par François TRUCHAUD


Préface du livre :

Rouges sont les rêves du temps...

Nemo in Sluberland
28 juin 1985

« Les actions et les rêves des hommes sont aussi éphémères et fragiles que le brumes engendrées par la lune... même le monde qui vient de prendre fin en ce jour. »
Cette phrase - une parmi tant d’autres - exprime parfaitement la philosophie de « Two-Gun Bob », sa vision du monde et sa conception de la vie... et de la mort. Une vision pessimiste et sombre, à la limite du nihilisme, que reflètent idéalement ses personnages, emportés par le souffle de l’Aventure, en quête d’un Absolu inaccessible. A ces personnages plus grands que nature correspondent des aventures hors du commun, encore plus prestigieuses et magiques lorsqu’elles se situent dans le passé. Un passé lointain et mythique... Conan, bien sûr, et toute la cohorte de personnages howardiens que le lecteur a pu découvrir dans la présente collection. Qui dit passé parle d’Histoire automatiquement, et l’on sait le goût du Texan pour l’Histoire, notamment pour la période des Croisades (avec Cormac Fitzgeoffrey).
Ainsi il écrivait : « Pour moi, il n’y a pas de travail littéraire aussi enthousiasmant et agréable - ne serait-ce que la moitié - que celui qui consiste à récrire l’Histoire sous forme de fiction. Je souhaiterais être n mesure de consacrer le restant de ma vie à ce genre de travail. Je pourrais écrire durant cent ans et il resterait encore des dizaines d’histoires réclamant à grands cris d’être écrites. Chaque page d’Histoire regorge de drames qui attendent d’être couchés sur le papier. Un seul paragraphe peut contenir suffisamment d’actions et de drames qui feraient tout un volume de fiction. Néanmoins je ne pourrais jamais gagner ma vie en écrivant de telles choses ; les marchés sont trop restreints, les demandes trop faibles, et cela me prend trop de temps pour mener de tels récits à leur terme. J’essaie de rester aussi prés que possible des faits réels ; de moins, je m’efforce de commettre le moins d’erreurs possible. »
A nouveau la lucidité étonnante de Howard, ou le créateur partagé entre ses goûts et la demande des éditeurs... la recherche incessante de marchés. Au début des années trente, Howard fut à même de concilier les deux choses, grâce au magazine Oriental Stories qui changea de titre en 1933 et devint The Magic Carpet Magazine. Cet « état de grâce » ne dura guère, puisque cette revue, spécialisée dans les aventures historiques, devait cesser de paraître en janvier 1934. Néanmoins, neuf histoires de Howard furent publiées durant ces quatre années (notamment Les épées rouge de Cathay la Noire, deux aventures de Cormac Fitzgeoffrey, la première aventure de Dennis Dorgan et les trois histoires composant ce volume). Sonya la Rouge (The Shadow of the Vulture) parut en janvier 1934, Le lion de Tibériade (The Lion of Tiberias) en juillet 1933, et Les cavaliers de l’Armaguedon (The Sowers of the Thunder) en hiver 1932. Précisons que le volume américain contenait une quatrième nouvelle, Lord of Samarkand (paru au printemps 1932) qui figurera dans l’un des prochains volumes de notre auteur.
Certes, neuf histoires en quatre ans, ce n’est pas beaucoup, et l’année 1932 fut une année cruciale pour Howard : les magazines cessant de paraître l’un après l’autre, en raison de la Dépression, ou payant très mal et avec beaucoup de retard (ainsi Weird Tales). Howard avait d’autant plus de mal pour « caser » sa production abondante... et pour gagner sa vie ! D’où sa quête éternelle de nouveaux marchés, d’autres revues, et les différents genres abordés selon les périodes : nous l’avons vu à propos de Steve Harrison (les histoires policières). Après une période faste, celle de Weird Tales et les magazines spécialisés dans les histoire de boxe (la série Iron Man notamment, puis Steve Costigan et Dennis Dorgan) Howard se consacrera de plus en plus aux histoires de western, vers la fin de sa vie, comme nous le verrons dans les volumes ultérieurs.
Un bref retour en arrière : dans la préface de Vulmea le pirate noir, il fallait lire, bien sûr, « nous permet de saluer au passage Jacques Tourneur pour La flibustière des Antilles et Robert Siodmak pour Le corsaire rouge ». Le lecteur aura sans doute rectifié de lui-même. Toute erreur est humaine... ou mécanique. Dont acte !
Pour ce dix-neuvième REH chez NéO, une surprise de taille... puisque ce volume nous présente un personnage féminin (en fait, il y a une femme au cœur de chacun de ces trois récits). Une héroïne selon le cœur de « Two-Gun Bob », une femme-guerrière proche par bien des côtés d’Agnès de Chastillon. En fait, Sonya la Rouge n’intervient qu’à la page 35. Mais un paragraphe suffit - l’une de ces descriptions dont Howard a le secret, un splendide portrait en pied - et elle est désormais présente et imprègne tout le récit, vivant une existence autonome. Agnès de Chastillon était un personnage romantique, en quête d’Absolu, sombre et intériorisé ; Sonya est beaucoup plus extériorisée, vivante et charnelle (son tempérament slave). A nouveau nous avons un affrontement Sonya/Gottfried von Kalmbach, à la fois attirance et répulsion, ou chacun cherche à gagner l’estime de l’autre, Gottfried, être déchu par la boisson et les femmes, semble très proche de Conan, par son côté paillard. Et toute l’histoire conte en fait sa renaissance, l’estime de lui-même retrouvée grâce à Sonya. Un splendide récit haut en couleurs et fertile en actions, où ces deux personnages sont plongés dans l’Histoire : 1529, le siège de Vienne par les armées du Grand Turc. Howard fait une nouvelle fois la preuve de sa virtuosité dans la description des combats, la fureur de la bataille, le carnage, l’épuisement et l’absurdité de la guerre. Le thème de la vengeance est également superbement traité, avec le magnifique personnage de Mikhail Oglu, le « Vautour » du Grand Turc. Mais Howard s’attache tout particulièrement à la description de Soliman le Magnifique, dans la « séquence » d’ouverture et surtout dans le « final » qui nous fait irrésistiblement penser au Salammbô de Gustave Flaubert. Jamais Howard n’a décrit avec autant de virtuosité et de puissance la barbarie et la magnificence impériale, les fêtes baroques en cette nuit de Constantinople... les fastes de la Rome antique dans un décor oriental ! Son art visuel est étincelant et somptueux, sa vision à couper le souffle. En apothéose, les dernières lignes du récit sur les ambitions déçues, la gloire qui se change en cendres, la chute, la vengeance de Sonya et Gottfried, en une véritable séquence cinématographique. Les images sont là... il ne reste plus qu’à tourner le film !
Une nouvelle fois, le génie de Howard éclate : il lui suffit de moins de soixante pages pour créer un personnage qui, dès lors, mène une vie autonome et marque à jamais l’imagination du lecteur... et des scénaristes. Dans les années soixante, Roy Thomas (célèbre scénariste pour Marvel Comics et adaptateur en bandes dessinées de nombreuses aventures de Conan, avec le dessinateur Barry Smith) lut ce récit et décida de l’adapter. Il modifia le cadre : la Vienne de 1529 fut remplacée par l’âge hyborien (celui où vivait Conan) et von Kalmbach devint... Conan, tout naturellement ! De surcroît, Roy Thomas changea Red Sonya en Red Sonja. Le « j » lui semblait beaucoup plus exotique. Dès lors, Red Sonja devint une célèbre héroïne de bandes dessinées, aux côtés de Conan, de Kull et d’autres. Au début des années soixante-dix, David C. Smith et Richard L. Tierney décidèrent de consacrer une série à ce personnage : six livres sont parus à ce jour (The Ring of Ikibu, Demon Night, When Hell Laughs, etc.) Tout naturellement, le cinéma devait s’y intéresser, après le succès remporté par les deux premiers Conan. Et c’est ainsi que Red Sonja (héroïne howardienne à un « y » ou une « j » près !) voit le jour sur les écrans, incarnées par Brigit Nielsen, aux côtés de Paula Smith, Ron Lacey, Ernie Rodriguez... et de Sandahl Bergman et d’Arnold Schwarzenegger ! Un film de Richard Fleitscher, un cinéaste selon notre cœur !
Les deux autres récits nous plongent à l’époque des Croisades (1124 et1243) lorsque la gloire d’Outremer décline déjà et est menacée par la puissance musulmane. A nouveau il y est question de destin et de vengeance. Mais jamais Howard n’a autant entremêlé l’Histoire et l’individu, et jamais ses récits n’ont été aussi sombres et désespérés. Dans Le lion de Tibériade, il décrit deux destins parallèles : John Norwald et Zenghi. Sanglantes et cruelles sont les batailles, et implacable la vengeance. Ce qui nous vaut un « final » d’une rare beauté et d’un souffle romantique rarement égalé. John Norwald réapparaît - il a survécu grâce à la haine - et accomplit sa vengeance, avant de retourner vers le néant. ON songe à certains drames de Victor Hugo, marqués par le Destin et la fatalité tragique. A nouveau la vanité des ambitions, la gloire éphémère et la chute, décrite en une splendide ode funèbre. A noter la magnifique idée du jeune Saladin (futur conquérant) qui assiste à ces événements, marqué par son futur destin. Et le dernier paragraphe qui a valeur de travelling avant.
Pourtant c’est le troisième récit, Les cavaliers de l’Armaguedon, qui nous permet d’apprécier le souffle épique, la vision prodigieuse et le sentiment agonique de la vie chez Howard. Ses personnages meurent et le monde meurt avec eux ! Et le « final » contient la même autodestruction et le nihilisme baroque qui explosent dans les dernières images de La horde sauvage de Sam Peckinpah. A nouveau un affrontement : Baïbars la Panthère et Cahal le Rouge (les personnages centraux des trois récits ont une chevelure rousse, marque de leur destin tragique) roi d’Irlande. Cahal est l’un des plus beaux personnages créés - ou rêvés - par Howard, Prince d’Irlande déchu et exilé (dans la droite lignée de Bran Mak Morn et Cormac Mac Art) il a été trompé par une femme et « recherche l’oubli des ambitions et du fantôme d’un amour mort ». Outremer à nouveau, les Templiers, « austères chiens de garde de la Chrétienté », la Horde, la conquête et le carnage. Notons l’évocation somptueuse de Jérusalem, visitée par Cahal, le « Roi Rouge », superbe vision de la Palestine, et la tournure étrange que prend l’histoire aux pages 131 et 132, comme s’il s’agissait d’un autre récit, plus dans le ton des aventures de Cormac Fitzgeoffrey. D’ailleurs, un paragraphe ressemble quasiment, mot pour mot, à un passage de La Princesse esclave. Et, comble de la virtuosité, Howard cite Cormac Fitzgeoffrey lui-même, un aventurier qui, cinquante ans plus tôt, a mis à sac la ville de Shahrazar... une aventure qu’il n’a jamais racontée ! Cormac mène une vie autonome, échappant à son créateur ! Puis le récit reprend son cours... mains n’anticipons pas. Enfin la bataille décisive - l’une des plus belles décrites par Howard - et le « final » où se retrouvent tous les thèmes de notre auteur, en une splendide apothéose, véritable ode funèbre à la vanité de la vie et des rêves. Je n’insiste pas, laissant au lecteur le plaisir de découvrir ces pages flamboyantes. Jamais le talent de conteur et le génie visionnaire de Howard n’ont été aussi éclatants... jamais sa philosophie aussi sombre. La mort est au bout du chemin... tout n’est que rêves illusoires.
Après ce dix-neuvième volume prend fin la série par personnage... provisoirement, car le lecteur ne connaît pas encore Steve Costigan, Dennis Dorgan, Breckinridge Elkins, Pike Bearfield et bien d’autres ! Le vingtième volume, Les habitants des tombes, inaugurera un cycle de nouvelles (fantastiques, policières et historiques) très noires. Mais pour le moment, voici les rêves rouges de Howard !

François Truchaud
Ville-d’Avray
27 juin 1985.


Dos du livre :

- « Hé, Sonya la Rouge ! cria un homme d'armes. Envoie-les en enfer, ma fille !
- Fais-moi confiance, camarade ! rétorqua-t-elle en approchant la mèche enflam­mée de l'orifice de la culasse.
Une détonation terrifiante recouvrit ses paroles. Un tourbillon de fumée aveugla tous ceux qui se trouvaient sur la tourelle. La femme qui s'appelait Sonya la Rouge poussa un hurlement de joie sincère. Le boulet de canon avait frappé de plein fouet les artilleurs turcs. Ils gisaient sur le sol, le crâne réduit en bouillie et le corps déchiqueté.
Gottfried von Kalmbach s'approcha, lorgnant avec une admiration non dissimulée le splendide renflement des seins de la jeune femme sous la cotte de mailles souple, la courbe de ses hanches pleines et ses membres ronds. Elle se tenait à la façon d'un homme, fièrement campée, jambes écartées et pouces glissés dans sa ceinture. Pour­tant, tout proclamait la femme en elle.«

Découvrez au plus vite Sonya la Rouge — un personnage féminin et une surprise de taille ! — se battant sur les remparts de Vienne assiégée par les Turcs en 1529... à nouveau l'aventure flamboyante surgie d'un passé plein de bruit et de fureur !

Pour ce 19e REH chez NéO, une héroïne selon le cœur de ' 'Two-Gun Bob« , devenue le personnage de célèbres bandes dessinées et de livres... et incarnée à l'écran par Brigit Nielsen, dans le film de Richard Fleischer (Conan le Destructeur) : Red Sonja !
Découvrez également deux autres « aventures orientales », à l'époque des Croisa­des... Outremer, John Norwald, Cahal le Rouge... face au Lion de Tibériade et à Baïbars, futur sultan d'Egypte !
En attendant Les habitants des tombes !

Robert Erwin Howard est né en 1906 à Peaster (Texas). Il s'est suicidé en 1936. Quinze ans de création littéraire lui ont suffi pour devenir l'un des maîtres du fantastique et de l'heroic fantasy de ce siècle. Nous avons, depuis quelques années, révélé au public français une grande,partie de son œuvre restée scandaleu­sement inédite jusqu'alors : Le pacte noir, Kull le roi barbare, Solomon Kane. Le retour de Kane, L'homme noir, Bran Mak Morn, Cormac Mac Art, Agnès de Chastillon, El Borak l'Invincible, El Borak le Redoutable, El Borak le Magnifique, El Borak l'Eternel, Wild Bill Clanton, Kirby O'Donnell, Cormac Fitzgeoffrey, Steve Harri­son et le Maître des Morts, Steve Harrison et le Talon d'Argent, Vulmea le Pirate Noir, dix-huit volumes magi­ques et fous, inoubliables, tous traduits et présentés par le meilleur spécialiste de Howard que nous ayons en France : François Truchaud.

Quant à la série des Conan, après avoir été publiée par Lattès, elle est en cours de réédition dans J'Ai lu.



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