Nouvelles Editions Oswald - Wild Bill Clanton

Titre Original : nouvelles

Collection : Fantastique - SF - Aventure n° 114
Date de Parution : Juillet 1984
Traducteur : François Truchaud
Nombre de pages : 192
Couverture : Jean-Michel Nicollet


Sommaire du livre :



- Sex machine ! Introduction de François TRUCHAUD
- Le Démon des mers du Sud (She devil), traduit par François TRUCHAUD
- Mutinerie à bord (Ship in mutiny), traduit par François TRUCHAUD
- Le Cœur pourpre d'Erlik (The purple heart of Erlik), traduit par François TRUCHAUD
- Le Dragon de Kao Tsu (The dragon of Kao Tsu), traduit par François TRUCHAUD
- Le Grog du meurtrier (Murderer's grog), traduit par François TRUCHAUD
- Le Sang du désert (Desert blood), traduit par François TRUCHAUD
- Les Canons de Khartoum (Guns of Khartum), traduit par François TRUCHAUD
- Les Filles de la haine (Daughters of feud), traduit par François TRUCHAUD


Préface du livre :

SEX MACHINE !

« Et le Nautilus, s’enfonçant peu à peu, disparut sous la nappe liquide. »
18 juin 1984

Après Gordon d’Arabie/El Borak, voici Wild Bill Clanton, l’Aventurier des mers du Sud, le 13e Howard chez NéO, et la liste est loin d’être close, Allaho Akbar !
Pour ce nouveau personnage de REH, une surprise de taille, puisque l’aventure et le sexe sont au rendez-vous ! L’aventure est chose courante pour le héros howardien, et Wild Bill Clanton ne fait pas exception à la règle. Comme à son habitude, Howard nous fait son portrait en quelques lignes rapides et définitives, et Wild Bill existe et acquiert son autonomie propre. « Un gaillard aux larges épaules, à la taille fine, aux bras musclés... ses cheveux noirs et trempés étaient plaqués sur le front, et ses yeux bleus étincelaient du plaisir de se battre. » Un peu plus loin : « Clanton était bronzé et tanné par les soleils des sept mers ; son torse était sillonné de muscles durs et noués comme des cordes. » Après cette présentation physique, dans la lignée de Conan, Bran Mak Morn et autres, Howard peaufine la présentation de son personnage : « Aventurier intrépide sillonnant les océans, au cours de sa vie agitée, il avait tout fait, et ses activités les plus notoires allaient du trafic de perles jusqu’à la piraterie. » Enfin : « Il était grand, avait des épaules larges, des poings énormes ; au fond de ses yeux couvait une flamme bleue. Une casquette de marin, inclinée sur le côté, était posée sur ses cheveux noirs, épais et indisciplinés. »
L’affaire est entendue ! Wild Bill, marin et aventurier, doté de poings d’acier et d’un cœur, qui se double d’un bagarreur à tous crins... dans chaque port l’attendent l’aventure... et une femme ! On sait que les héroïnes sont rares chez Howard. Si l’on excepte Agnès de Chastillon, bien sûr, Valeria et Bêlit que rencontre Conan au cours de ses nombreuses aventures, les autres créatures féminines rêvées par REH paraissent plutôt insignifiantes : elles subissent passivement les événements (nous reparlerons bientôt de Sonya la Rouge, la preuve à contrario) tout en présentant certains attributs, fort agréables ! Et Howard ne se prive pas de les décrire comme lui seul sait le faire, suggérant avec une habileté extrême ce qu’il ne peut pas écrire noir sur blanc (les tabous de l’époque), laissant l’imagination du lecteur faire le reste ! Mais toutes les apparitions féminines (principalement dans les aventures de Conan, répétons-le) sont auréolées d’une sensualité bien définie. Un pas restait à franchir...
En 1934, une petite révolution se produisait aux Etats-Unis. En effet les Culture Publications commençaient à publier un certain nombre de pulps aux titres évocateurs : Spicy Detective Stories, Spicy Mystery, Spicy Western et... Spicy-Adventure Stories. Aux ingrédients habituels de chaque genre, s’ajoutait l’élément « épicé » du sexe, « naughty » comme disent les Américains, grivois, pour ne pas dire « cochon », mais tout est relatif, vu l’époque. On était encore loin de la pornographie à venir, mais certaines scènes étaient assez « osées » (descriptions du corps féminin - malgré certaines « ellipses » du désir sexuel, etc., avec parfois un sadisme des plus explicites) je n’insiste pas !
Pour Howard, ce fut un aubaine. Car notre auteur, à la production abondante, était sans cesse à la recherche de nouveaux marchés, de revues où « placer » ses histoires. Weird Tales publiait une grande partie de ses histoires, mais cette revue payait fort mal... et mettait beaucoup de temps à payer ses collaborateurs ! Rien de nouveau sous le soleil ! C’est pourquoi Howard, ayant de plus en plus besoin d’argent comme les années s’écoulaient (les soins médicaux à payer pour ra mère, très malade), travailla pour une quantité de pulps, dans les genres les plus divers. L’évolution est aisée à suivre dans on œuvre : les histoires de boxe à la fin des années 20, le fantastique et l’heroic fantasy au début des années 30, et les histoires de western au milieu des années 30. Peu avant sa mort, il déclarait qu’il allait se consacrer entièrement au western, genre qui lui réussissait - commercialement - et renoncer au fantastique. Mais...
Ainsi Howard se lança dans les histoires « épicées ». Comme il l’écrivait à Lovecraft, dans une lettre datée du 5 septembre 1935 : « Dans mes efforts pour trouver de nouveaux débouchés, j’arrose constamment le marché, selon l’expression de Price. J’ai notamment essayé celui de Spicy-Adventure, un “ magazine de sexe ”, dont Ed (Price) est le collaborateur vedette. J’ai vendu la première histoire que j’ai écrite à l’intention de cette revue, mais je ne pense pas que je pourrais le faire régulièrement, car cela exige un style plutôt leste et désinvolte, lequel est étranger à mon style naturel. Néanmoins, je ferai probablement une nouvelle tentative dans ce sens. Vous devriez essayer vous-même ! Si vous le désire, vous pouvez prendre un pseudonyme, ce que j’ai fait, et je pense que c’est le cas pour la plupart des collaborateurs de cette revue. Ils aiment les histoires bien construites, et l’élément “ sexe ” ne pose aucun problème, n’importe qui peut faire ça. Il suffit de raconter votre propre expérience, légèrement modifiée pour aller avec l’intrigue. C’est comme cela que j’ai fait pour l’histoire que je leur ai vendue. »
Il est facile d’imaginer la surprise de Lovecraft en lisant la lettre de Howard ! Lui, le Puritain de la Nouvelle-Angleterre, écrire de telles histoires ! Quoi qu’il en soit, Howard - sous le pseudonyme de Sam Walser, le nom de l’un de ses aïeux - écrivit d’autres histoires pour cette revue. Entre avril 1936 et janvier 1937, Spicy-Adventure publia cinq histoires de Wild Bill Clanton. Précisons qu’à l’origine, le titre américain de la première nouvelle figurant dans ce volume était : The Girl on the Hell Ship (la fille du bateau de l’enfer) ! La nouvelle Mutinerie à bord fut retrouvée, seulement très récemment, parmi les papiers de Howard. Publiée en mai 1983 dans le « booklet » de Marc A. Cerasini et Charles Hoffman (éd. Robert M. Price), Brank Mak Morn : A Play, elle fut reprise dans l’édition américaine, toute récente, chez Ace fantasy, constituant le présent volume, où furent ajoutées les deux dernières nouvelles (écrites par Howard pour Spicy-Adventure, mais inédites) publiée pour la première fois en 1975 et 1976 dans des publications semi-professionnelles aux U.S.A. Précisons que l’édition américaine de ce livre est parue en décembre 1983 ! Une nouvelle fois, NéO colle à l’actualité et a même bien failli précéder les Américains, encore une fois !
Pour Howard, conteur d’histoire né, cela ne posa apparemment aucun problème. Un personnage : Wild Bill Clanton (nettement inspiré de ses autres marins : Steve Costigan et Dennis Dorgan, que le lecteur français découvrira prochainement) un décor exotique : les mers du Sud, Shanghaï, Singapour, le Pakistan, l’Algérie, Khartoum, de l’action, des adversaires innombrables (marins mutinés, méchants Chinois, Malais vindicatifs et autres !) et des « jeunes filles en détresse » auxquelles Wild Bill porte secours ! Howard respecte les conventions du genre : l’intrigue a pour seul but d’amener l’héroïne à se retrouver... dans le plus simple appareil... le plus rapidement possible ! Et il le fait avec un art consommé, mêlant aventure et sexe dans un tourbillon d’événements qui laisse le lecteur haletant. Il imagine toutes les variations (je n’ai pas dit positions !) possibles pour ce genre d’histoires et nous surprend souvent par l’audace de certaines scènes (notamment dans Le cœur pourpre d’Erlik) qui tranche certainement sur la production courante de l’époque. Enfin et surtout, il y a un formidable humour, dans les situations et les dialogues, incroyablement vivifiant, qui rend cet érotisme, grave ou amusé, d’autant plus tonique ! Howard aime les personnages « bigger than life », plus grands que nature : aussi il en rajoute à plaisir, parfois au risque de se parodier lui-même, balayant les conventions du genre (le roman populaire, les « méchants » Orientaux, etc.) pour en faire une histoire typiquement howardienne. Ce qui aurait pu n’être qu’une œuvre « commerciale » ne dépare pas les autres textes d’Howard. Comme d’habitude, l’on trouve des idées à profusion au détour de chaque ligne, témoignant de la création unique d’Howard et de sa fureur d’écrire : une idée en amène une autre, projetant l’histoire dans une nouvelle direction (voir la note, p.46, pour Mutinerie à bord)
Notons, à propos des Canons de Khartoum, qu’en quelques lignes, Howard recrée le siège de la ville condamnée, avec la menace obsédante du Mahdi et de ses guerriers, et la fin inexorable de Gordon « le Chinois »... « retrouvant » l’atmosphère du beau film de Basil Dearden (1966). Dans Le sang du désert, Howard prend fait et cause pour les Berbères patriotes, luttant pour leur liberté et leur indépendance, ce qui est assez inattendu ! Enfin et surtout, soulignons les scènes d’amour torrides, de passion brûlante, où Howard transgresse les règles du genre pour décrire le désir qui s’empare de deux êtres... alors règne l’amour fou ! A cet égard, l’histoire Les filles de la haine est sans doute la plus belle, la plus inattendue et la plus révélatrice... le personnage central est un instituteur violemment épris de l’une de ses élèves -la scène d’amour est d’une stupéfiante beauté). Or, lorsque l’on sait que Novalyne Price - le seul amour dans la vie de Howard, la femme par qui tout aurait pu arriver, mais les « choses de la vie » en décidèrent autrement... - était professeur (cours d’anglais et d’élocution)... en rassemblant nos souvenirs de psychanalyse élémentaire, au prix d’une légère inversion ou substitution, ce passage ressemble étonnamment à une déclaration d’amour passionnée (les dates coïncident !). Dés lors Howard se découvre à nous, par le biais de ses phantasmes, et la vie et l’œuvre sont encore plus intimement mêlées, ce qui ne saurait nous surprendre de la part de « Two-Gun Bob » !
Mais trêve de bavardages, voici Wild Bill Clanton, l’homme aux poings d’acier et au cœur d’or... tandis que le 6 juillet sort sur les écrans américains Conan le Destructeur (en France il faudra attendre le 29 août !) et tous les espoirs sont permis, puisque Richard Fleischer, l’auteur génial de Vikings est au commandes !
« Le roi des îles arracha brutalement le soutien-gorge de Raquel... »
Sam Walser was a Sex-Machine !

François Truchaud
Ville-d’Avray
23 juin 1984.


Dos du livre :

« Le roi de l'île arracha brutalement le soutien-gorge de Raquel. Il éclata d'un rire mauvais comme la jeune fille, à moitié nue, levait les mains pour cacher ses seins. Les globes jumeaux ainsi exposés frémissaient d'une rose splendeur…
- C'est mieux ! Déclara-t-il en riant. Mais ma curiosité n'est pas entièrement satisfaite…
Les joues en feu, comme elle réalisait ses intentions bestiales, Raquel essaya de fuir, mais il fut plus rapide et l'empoigna.
A ce moment, un bruit de pas le fit se retourner.Un homme aux larges épaules, à la taille fine et aux poings d'acier, se tenait devant eux. Ses yeux étaient réduits à des fentes, où couvait un feu bleuté et funeste.
- Bill ! Sanglota Raquel. »

Après Gordon d'Arabie/EI Borak, voici Wild Bill Clanton, l'aventurier des Sept Mers. Marin intrépide, il a sillonne tous les océans et sa vie agitée est bien remplie… ses activités les plus notoires vont du trafic d'armes à la piraterie.Une casquette de marin inclinée sur le côté et posée sur ses cheveux noirs et indisciplinés, Wild Bill est un bagarreur à tous crins… des poings d'acier et un cœur d'or… car dans chaque port l'attendent l'aventure… et une femme !Pour ce nouveau personnage de Howard, le 13e REH chez NéO, l'aventure et le sexe sont au rendez-vous. Découvrez au plus vite ces nouvelles écrites pour Spicy-Adventure Stories, un magazine américain très osé pour l'époque ! Un ton très inattendu de la part de "Two-Gun Bob" qui fait preuve d'un érotisme tonique et d'un humour vivifiant !

Robert Erwin Howard est né en 1906 à Peaster (Texas). Il s'est suicidé en 1936. Quinze ans de création littéraire lui ont sufti pour devenir l'un des maîtres du fantastique et de l'heroic fantasy de ce siècle. Nous avons, depuis quelques années, révélé au public français une grande partie de son œuvre restée jusqu'alors scandaleusement inédite : Le pacte noir, Kull le roi barbare, Solomon Kane, Le retour de Kane, L'homme noir, Bran Mak Morn, Cormac Mac Art, Agnès de Chastillon, El Borak l'Invincible, El Borak le Redoutable, El Borak le Magnifique. El Borak l'Eternel, et maintenant ce nouveau personnage Wild Bill Clanton, treize volumes magiques et fous, inoubliables, tous traduits et présentés par le meilleur spécialiste de Howard que nous ayons en France : François Truchaud.
On peut lire également, dans'la collection "Titres/SF" de Lattes, la série maintenant presque complète des Conan.
En ce qui nous concerne, nous comptons bien aller, toujours avec François Truchaud, aussi loin que possible dans la découverte de cette œuvre envoûtante.



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